Découverte d'un scoïste #4 | Romain Cardis

Passé par l'EVAD dans sa jeunesse, Romain Cardis est désormais professionnel dans l'équipe Saint-Michel-Auber 93. L'Angevin, vainqueur d'une étape du Tour de Wallonie en 2018, prend toujours sa licence au SCO. Nous avons pu discuter avec lui de son parcours, de ses réussites, mais aussi de ses rêves.


Bonjour Romain, premièrement, pourrais-tu te présenter ?


Bonjour, je m'appelle Romain Cardis, je suis né le 12 août 1992, à Melun, en Seine-et-Marne. J'ai déménagé à Angers à l'âge de 10 ans. Je suis titulaire d'un DUT Génie Electrique et Informatique Industrielle et j'entame ma 6ème saison en tant que cycliste professionnel.


Devenir pro est le rêve de tout cycliste. Quel a été ton parcours depuis tes jeunes années à l'EVAD ?


Le vélo est une affaire de famille chez moi : j'allais sur les courses encourager mon père, puis mes frères, alors que j'étais tout petit. C'est donc naturellement que j'ai pris ma première licence de vélo à 5 ans à la Pédale Combs-la-Villaise jusqu'en pupille 2. Nous avons ensuite déménagé et je suis arrivé à l'EVAD. J'y suis resté jusqu'en Junior 2 avant de rejoindre le Team Véranda Rideau pour une saison, puis le Vendée U pour 4 ans avant de passer professionnel dans le Team Direct Energie devenu ensuite Total Direct Energie. Et me voilà rendu cher Saint-Michel Auber 93 cette année.


Quand tu étais jeune, passer professionnel était déjà un objectif ?


Oui, plus qu'un objectif, c'était un rêve de gamin. J'ai toujours adoré le vélo et je le regardais à la télé, je voulais faire comme les pros. A l'école, quand on me demandait ce que je voulais faire, je répondais "cycliste professionnel" et on me disait que ce serait bien de trouver autre chose. Mais je me suis jamais vraiment posé la question, même si j'ai continué les études, l'objectif était toujours de devenir pro. J'ai pu concilier les 2 en ayant des horaires aménagées à l'IUT, j'ai passé mon DUT en 3 ans au lieu de 2. Ça m'a permis de m'entraîner sereinement et d'avoir une issue de secours si ça ne marchait pas dans le vélo, c'était le meilleur choix.


Avais-tu une idole dans le peloton quand tu étais adolescent ?


Au niveau des sprinteurs j'adorais Robbie McEwen, cette façon qu'il avait de sprinter, le "jump" qu'il avait dans les derniers mètres, c'était impressionnant.. Sinon, j'adorais regarder les classiques avec Van Petegem et les Mapei, à l'époque, ça me faisait rêver.

Plus tard, il y a eu Contador, Cancellara et Gilbert, j'ai pu courir avec eux, ça reste de grands moments d'émotions.


Quel est ton meilleur souvenir à l'EVAD ? Depuis que tu es pro ?


Mon meilleur souvenir reste mes années juniors. On était une bonne petite bande de copains, on allait sur les courses, on se faisait plaisir, on rigolait tout le temps et ça marchait bien. J'ai participé à mes premiers Championnats de France de l'Avenir, ça reste de très bon souvenirs. Je me rappelle d'une course à Andrezé, où nous avions fais 1er, 2ème et 3ème avec Corentin Letourneau et Vincent Jacquemin. Je me rappelle aussi d'un doublé avec Benjamin Fourche à Bel-Air-de-Combrée, où on avait fait près de 60 kilomètres tous les deux. Comme il n'avait pas encore gagné cette année là, j'avais pris plaisir à lui rendre la pareille, je pense que j'étais encore plus heureux que quand je gagnais.

Chez les pros, hormis ma victoire sur le Tour de Wallonie, mon plus beau souvenir est ma première participation au Tour des Flandres. L'atmosphère était tout simplement dingue, il y avait de la foule partout dans les monts avec les barnums et les grillades, c'était la fête.

Ce jour là, je me suis cassé le scaphoïde de la main gauche dans une chute collective mais ça reste quand même mon plus beau souvenir.



Tu as choisi de rester vivre en Anjou. Pourquoi ne pas avoir déménagé, au soleil par exemple ?


Pour la douceur Angevine, bien entendu ! Plus sérieusement, je suis resté ici car je voulais rester proche de mes amis et de ma famille. Cycliste professionnel, c'est partir un nombre de jours considérable dans l'année, alors je voulais garder une proximité et un environnement sain autour de moi. Et les routes sont plutôt sympas dans le coin même s'il manque quelques montées un peu plus longues. Rien ne m'empêche de partir en stage dans des zones un peu plus vallonnées pour travailler différemment.


Après 5 années chez Direct-Energie, tu as changé d'équipe cet hiver pour rejoindre Saint-Michel Auber 93. Pourquoi as-tu fait ce choix ?


Tout simplement, Jean-René Bernaudeau m'a appelé en septembre pour me dire qu'il ne pourrait pas me garder ou qu'il fallait attendre le dernier moment pour avoir une réponse. Je n'avais pas envie de passer l'hiver à me poser des questions et à me demander si je roulerai encore ou pas. J'avais déjà eu Stéphane Javalet au téléphone par l'intermédiaire de Tony Hurel, le projet me plaisait bien. J'allais avoir un rôle différent, qui me laisse plus d'opportunités personnelles. Je me suis également dit que changer d'air et voir autre chose me ferait du bien et je ne le regrette pas.


Tu réalises un bon début de saison comme l'atteste ta victoire sur Paris-Troyes. Comment l'expliques-tu ?


Oui, c'est rare que la forme soit aussi bonne aussi tôt dans la saison et ça fait plaisir d'avoir pu lever les bras. Comme je le disais, l'équipe m'a fait confiance, j'ai eu un beau programme en février, où j'ai enchainé les courses à étapes, j'ai pu peaufiner la condition. Derrière, le programme a été amputé avec les différentes annulations ou reports dus au Covid. Mais j'ai eu le soutien de toute l'équipe et on a pu aller chercher des résultats.



As-tu changé des choses en matière d'entraînement ou de préparation ?


Pas vraiment mais, avec le confinement, je me suis inscrit sur la plateforme Zwift. Comme je ne pouvais pas sortir, je me suis amusé dessus pour passer le temps. Il y a des jours ou je me disais "aujourd'hui je roule tranquille", puis arrivait un KOM ou une course, et je finissais encore défoncé en me disant "j'avais dis tranquille pourtant"... Mais je pense que ça m'a fait du bien. Maintenant, j'y retourne moins car je préfère m'entraîner dehors mais l'hiver, ou quand le temps n'est pas bon, j'aime retourner sur la plateforme et me faire des intensités, je trouve ça ludique pour travailler les efforts longs, comme je n'ai pas de col à proximité de chez moi.


En allant dans une équipe de niveau Continental, tu n'as pas couru les classiques pavées. Cela ne t'a-t-il pas manqué ?


Oui, ça m'a un peu manqué, surtout qu'on a pas eu beaucoup de courses en mars et en avril, mais j'ai pu les suivre à la télé, ce sont toujours des courses intéressantes à regarder. Et puis j'ai pu suivre les anciens coéquipiers, comme Anthony Turgis, qui a fait une sacré tournée de flandriennes. Chapeau à lui !



Quels sont tes objectifs pour la suite de la saison ?


Pour la suite, l'objectif est de me faire plaisir et de lever les bras à nouveau. Le programme de courses est encore incertain, c'est difficile de se projeter dans ces conditions, mais je devrais reprendre aux 4 Jours de Dunkerque si tout se passe bien. Il y aura le Tro Bro Léon derrière, c'est une course qui me plaît bien, alors pourquoi pas ?


Quel est ton plus grand rêve ?


Mon plus grand rêve, ce serait de faire le Tour de France, comme beaucoup de monde bien entendu. C'est le graal de tout cycliste et performer dessus serait encore mieux !



Si tu avais un conseil à donner aux plus jeunes qui désirent devenir professionnels, que leur diriez-vous ?


Je leur dirais avant tout de s'amuser, de prendre du plaisir sur le vélo. Le cyclisme doit avant tout être une passion. Si on n'aime pas ça, autant arrêter tout de suite. Le vélo, c'est l'école de la vie, on crée des amitiés et des émotions qu'on ne peut avoir que dans le sport. Je leur dirais également qu'il ne faut rien lâcher et d'aller au bout de leurs rêves. Le principal est de ne pas avoir de regrets plus tard. Alors, foncez, votre avenir est entre vos mains (n'oubliez pas les études quand même 😉 ).


#LaGriffe | #SportAngers | #LaDalleAngevine

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